Vieux-Saint-Jean​

Au cours du XIXe siècle, le Vieux Saint-Jean se transforme grâce au transport fluvial et ferroviaire. Suivant le chemin naturel du commerce et des communications, les visiteurs en provenance des États-Unis s’arrêtent à Saint-Jean et empruntent dès 1836 la liaison ferroviaire en direction de Montréal. Ils découvrent alors une région relativement prospère, notamment Saint-Jean et les localités riveraines qui affichent une expansion nouvelle.

À cette époque de grande effervescence, de nombreux hôtels apparaissent le long de la voie principale, la rue Richelieu, et sur quelques rues avoisinantes. La façade illuminée du Yacht Club en bordure de la rivière attire les voyageurs en quête de divertissements mondains.

Des hangars servant à l’entreposage et au commerce occupent l’actuelle rue du Quai. Leur emplacement explique d’ailleurs l’orientation géographique d’une partie du Vieux Saint-Jean qui apparaît adossée à la rivière. Si les hangars ont aujourd’hui disparu, le visiteur peut encore admirer des bâtiments qui ont échappé au grand feu de 1876 ou qui ont été édifiés par la suite : l’église Saint-Jean-l’Évangéliste dont la façade était à l’époque de sa construction orientée vers la rue Jacques-Cartier, l’église St.James que l’on qualifie du plus vieux temple religieux de Saint-Jean ou encore, le palais de Justice, érigé en 1861 et tirant magnifiquement parti de son emplacement dans la perspective de la rue Longueuil.

On peut également remarquer les deux gares historiques, qui ceinturent le Vieux Saint-Jean et rappellent le passage du premier chemin de fer au Canada, quelques maisons d’esprit victorien ou d’autres de style vernaculaire. Puis, comme la plupart des villes anciennes, Saint-Jean possède une place du Marché typique, grouillante d’une foule causeuse les mercredis et samedis de la belle saison. Dominant la place, l’édifice de la place du Marché, qui abrite aujourd’hui le Musée du Haut-Richelieu, a accueilli depuis sa construction en 1858 des étals de bouchers, divers bazars, des foires ainsi que les séances du conseil municipal.

Vieux-Iberville​

Tout près du cœur de la ville commerçante, de l’autre côté de la rive, une autre agglomération bat au rythme de la vie et des saisons. Iberville bourgeonne et se développe autour de bâtiments ancestraux, dont plusieurs peuvent encore être observés de nos jours, ou de constructions plus utilitaires mais aujourd’hui disparues : d’abord un blockhaus érigé en 1776 en face du fort Saint-Jean puis deux moulins, l’un sur le Richelieu et l’autre enjambant le ruisseau Hazen. Plus tard, les potiers d’origine américaine Farrar s’établissent à Saint-Jean puis ouvrent une poterie à Iberville en 1876 qui sera en activité jusqu’en 1930 et dont la production recherchée contribuera au rayonnement local.

Construit sur les fondations d’une ancienne école, le manoir seigneurial Christie s’élève majestueusement après 1835. Puis, offrant sa façade au couchant, la première église Saint-Athanase se dresse fièrement en 1823. Elle connaîtra au cours de son histoire deux incendies majeurs qui changeront considérablement son allure mais qui n’ébranleront en rien la détermination ardente des paroissiens à relever le temple religieux de ses ruines fumantes.

Des institutions voient également le jour : c’est le cas du collège des frères maristes qui accueille les garçons dans ce premier bâtiment qui devint le «berceau» des maristes au Québec, le palais de Justice dont la construction suivit la promulgation d’Iberville au rang de chef-lieu du Comté en 1855 et le couvent des Dames de la Congrégation bâti à l’emplacement de l’actuel centre Marguerite-Bourgeoys.

Pour franchir le Richelieu à la hauteur de Saint-Jean et d’Iberville, on construit en 1826 un ouvrage de bois que la postérité fera connaître sous le nom de «pont blanc» en raison de la chaux dont il était enduit. Le pont Jones, à la traversée duquel on sollicitait un droit de passage, est remplacé 80 ans plus tard par l’actuel pont Gouin inauguré en 1916.